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mercredi 11 août 2010

La cité saturne (Dosei Mansion)

La cité saturne, publiée dans la collection Big Kana

Après un Yumenosoko aux confins de l'onirisme, Hisae Iwaoka revient en France via la parution de Dosei Mansion, prépubliée depuis 2005 au Japon et traduit chez nous par la Cité Saturne.

L'histoire : Pas de vrai fil rouge ou d'intrigue à rallonge pour ce manga contemplatif et dont la sensibilité imprègne jusqu'aux dialogues, parfois décousus : il s'agit juste de chroniques routinières sur la vie des habitants de l'anneau venu entourer la Terre dans le futur. On s'intéresse surtout à Mitsu, laveur de vitres timide et maladroit, très attachant sans être trop original, qui redécouvre peu à peu la vie de son père disparu à travers ceux qui l'ont connu. L'histoire est donc davantage une série de petites historiettes à la Mushishi qu'un vrai shônen à rallonge, et ça fait du bien.

Le graphisme : Immense coup de cœur pour cette Iwaoka qui possède un des traits les plus libres et sensibles du manga actuel. Ses têtes rondes ont parfois bien du mal à exprimer l'âge avancé de certains personnages mais ils restent attachants en toutes conditions. Les décors, tantôt fournis tantôt épurés, jouent une fois de plus la carte de la poésie et de l'onirisme. Concrètement c'est aussi frais qu'original, et ça fait du bien dans un univers aussi prisonnier des codes que le manga.

Présentation : les couvertures se déplient pour révéler de magnifiques panoramas tout en aquarelle, le tout sur du papier à grain du plus bel effet. C'est un peu cher car ça se lit vite mais cette Cité Saturne mérite sa place chez Big Kana.

9/10, je suis fan.

lundi 25 mai 2009

Quand le jeu vidéo se fait expérimental, 1.

En passant par le festival de l'Affiche et du Graphisme de Chaumont vendredi dernier, je suis tombé sur un historique bizarrement partisan sans l'être vraiment, des grands jeux vidéos sortis depuis le début des années 90. Aux côtés de suites de sagas excellentes telles Resident Evil ou Street Fighter, visant uniquement à étendre une licence pour engranger du profit, se trouvait les pépites retenues par tous comme rares dans le milieu, car expérimentales et réussies. Des jeux acclamés par la critique et boudés par le public, tels de véritables films d'auteurs.Electroplankton (Nintendo DS, 2006) en fait partie. Toshio Iwai, artiste polyvalent de l'aire digitale influencé à ses débuts par les travaux de Norman Mac Laren, a été l'un des premiers à directement s'attacher à expérimenter dans le domaine du jeu vidéo après l'obtention de son diplôme de l'Université de Tsukuba en Arts Plastiques et Média mixes. Parallèlement à ses installations contemporaines utilisant systématiquement vidéos et projections, où il développa plus tard les liens qui unissaient image et son (Resonance of 4, Piano - as Image Media), il fut précurseur du non moins expérimental Rez sur Dreamcast, grâce à son jeu Otocky, tout de même sorti en 1987. Si SimTunes mène le concept de musicalité liée aux formes, aux couleurs et au mouvement plus loin, l'aboutissement (actuel !) de sa carrière dans le domaine vidéoludique se nomme Electroplankton, sorti en 2006 sur DS. Une réelle expérience artistique qui ne fut pas sans déboussoler les joueurs - et après tout, n'est-ce pas le but premier de toute oeuvre d"art". Le jeu soulève plusieurs questions : 
 - peut-on encore parler de jeu quand aucun but autre que la volonté errante du joueur/créateur, ne le guide ? 
 - si le jeu propose bien de créer ses propres mélodies en jouant (joueur/créateur), quid des résultats obtenus ? Le joueur devient-il spectateur ? C'est une des grandes problématiques du secteur à l'heure de la "cinématisation" des grosses licences...
 - les joueurs auront pu regretter l'aspect aléatoire de certains outils de composition qui ne leur permet pas de créer une mélodie exactement à leur goût; cependant qu'est-ce que l'art sans sa part d'aléatoire, si ce n'est une science : on sait tous à quel point le hasard a fait des miracles en photo. 
 - finalement, et de façon bien plus terre à terre, le prix du jeu à sa sortie (40€) était-il justifiable, lorsqu'un quart d'heure suffisait à en parcourir tous les aspects (mais pas les
 possibilités, infinies) ?
Une chose est sûre, Electroplankton assumait sa direction en se présentant comme une oeuvre d'art - allaient dans ce sens, l'écran titre reproduisant l'accord orchestral précédent tout concert, et la notice, imprimée sur papier spécial, et dont la mise en page a fait l'objet d'un soin tout particulier. On y trouve des notes d'intentions exhaustives de Toshio Iwai, illustrées par sa fille Roka. Un vrai livret d'art !!
À noter enfin les installations les plus récentes de l'artiste, réalisées en collaboration avec Hayao Miyazaki pour le musée Ghibli, et visible ci-dessous.  

vendredi 22 mai 2009

Studio 4°C

Studio 4°C ou l'animation expérimentale dans toute sa splendeur. 4°C car c'est la température à laquelle l'eau est la plus dense et que c'est le but commun de toutes les oeuvres produite par le studio : des films d'animations à voir et à revoir pour leur richesse visuelle et narrative, leurs réflexions profondes tirant bien souvent sur l'abstraction des formes et des symboles; à l'instar de Mind Game qui a su les faire connaître de façon internationale en 2004 et surtout du final d'Amer Béton (Tekkon Kinkreet en version originale, adapté du manga on ne peut plus graphique de Taiyo Matsumoto), chef d'oeuvre au mille décors, dont une poignée figurent ici.
Prochainement on pourra également retrouver le studio dans la suite du nouveau format qu'il a trouvé pour laisser libre cours à l'imagination de tous ses réalisateurs de talents, j'ai nommé Genius Party, film chorale, assemblage de plusieurs courts métrages aux identités extrêmement marquées, et qui peuvent se targuer d'investir des champs esthétiques toujours plus avant-gardistes dans le petit monde de l'animation, trèèès loin de Disney & co. Genius Party Beyond sera visible à Annecy, et parmi les 13 courts qu'il contiendra on retrouvera à la réalisation Nicolas de Crécy (auteur de l'exquis Journal d'un fantôme) et Tatsuyuki Tanaka, monsieur Canabis, dont l'univers semble toujours aussi magnifique une fois en mouvement. À noter aussi un courts signé Shin' Watanabe, à qui l'on doit Cowboy Bebop, Samurai Champloo, ou encore des séquences de Kill Bill et d'Animatrix. Du tout bon, quoi, dont je vous parlerai une fois tout cela vu, puisque j'y serai, pour une fois. 
À voir : la bande-annonce alléchante, de cette fête des génies sur Youtube. 

mardi 12 mai 2009

Neonvision


On commence cette session inspirations avec Neonvision, aussi connu sous le pseudo de Houden Eizou. 
Cet illustrateur au style très manga - tout comme pléthore de ses congénères japonais - a principalement travaillé sur des couvertures de romans (c'est une pratique assez courante là-bas), mais a pu être connu en occident grâce aux magazines de tutoriaux et interviews spécialement consacrés à ce type d'illustrateurs : Concrètement on peut le retrouver dans deux numéros de Comickers mag et dans les tomes 8, 9 et 10 de ROBOT, le mook (mag + artbook) créé par Range Murata. 
Sa ligne douce, sensible et simple, a été développée avec humblitude (!), autrement dit le fait de toujours mettre ses capacités en doute et de travailler dur pour obtenir le meilleur résultat. Ses colorations viennent compléter une ligne qu'il travaille au critérium 0,3 pour des rendus pastels tout à fait charmants.
Ci-dessus, un visuel qu'il a signé pour le roman adapté du jeu vidéo ICO, et un extrait du tome 8 de ROBOT. 
Son blog, naturellement en japonais, est assez avare en images. Si ça vous tente quand même, visitez-le ici.